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Investir dans un tel projet coûte extrêmement cher (plus de 200 millions d’euros !) Avec cet argent, il est possible d’aider les compagnies à s’équiper de nouveaux réacteurs pouvant permettre des liaisons directes avec la piste actuelle (comme air austral).
Il ne faut pas croire que le fait de construire une piste longue aura une incidence sur le prix des billets d’avion. Les compagnies trouveront toujours des arguments pour maintenir des prix prohibitifs. D’ailleurs on voit qu’ils sont déjà capables de faire des efforts (en basse saison les billets sont 3 fois moins cher qu’en juillet !!!). De plus le coût du carburant augmentera. Donc l’argument de la piste n’est pas valable…
• La construction de nouveaux équipements aéroportuaires va augmenter considérablement les taxes d’aéroport liées à l’investissement et à l’entretien de ceux-ci. L’impact sur le prix des billets sera donc relatif et le prix unitaire ne risque pas de diminuer.
Notons enfin que le prix du carburant ne sera pas amené à baisser mais au contraire à poursuivre l’ascension tarifaire qu’il a toujours connue.
La capacité d’accueil de Mayotte est limitée (peu d’hôtels). Pourquoi vouloir faire venir plus de monde sans avoir la possibilité de les faire dormir ?
La venue de bateaux de croisières serait plus intéressante car cela ne nécessite pas de construction onéreuse et participe malgré tout fortement au développement de l’économie locale.
Le développement du tourisme est directement lié aux capacités à répondre aux exigences des voyageurs. En l’occurrence, confort, sécurité, propreté… Aujourd’hui Mayotte n’est pas capable de traiter ses déchets, ses eaux usées et pluviales, de garantir une voirie en bon état, d’avoir des établissements touristiques répondants aux critères internationaux…
Pamandzi et la Petite Terre sont déjà petits. La densité de population y résidant avoisine celle d’un département comme le Rhône (+ de 2500 hab. /km²). Construire un équipement de ce type diminuera encore davantage la place disponible pour que les petits terriens vivent convenablement.
L’ouverture sur la mer des quartiers rue de la plage et Sandravangue, va disparaître… Les habitants vivront cloisonnés entre d’un coté la zone aéroportuaire avec ses barbelés, et ses abords contrôlés, de l’autre la Vigie et la falaise de dessalement difficilement accessible et peu hospitalière.
La construction d’une infrastructure produit nécessairement des effets directs auprès des populations riveraines. En l’occurrence le transport des quelques 4 millions de mètres cubes de matériaux grâce à plus de 700.000 rotations de camions routiers. Il va sans dire que le bruit, la poussière, les gaz d’échappements et les risques d’accident seront réels en Petite Terre.
Cet équipement va également conduire à la diminution contrainte de l’activité des pêcheurs par la suppression d’un accès direct et sécurisé à la mer.
De même les travaux vont générer la perte d’un espace de jeux et de rencontres très fréquenté par les petits terriens.
Enfin, l’augmentation de la fréquentation de l’aéroport entraînera nécessairement une augmentation des nuisances sonores en termes de fréquence ainsi qu’un accentuation de la pollution atmosphérique.
La construction d’une piste longue nécessitera de gros remblais dans le lagon. Ces derniers induiront irrémédiablement de la vase, des particules solides dans l’eau… Mais aussi la destruction des collines de Pamandzi et Dzaoudzi - Labattoir d’où la perte du couvert végétal et la déforestation de Petite Terre, entraînant une accélération de l’érosion, une augmentation de la chaleur, une diminution des ressources en bois, en fruits et finalement une dégradation du cadre de vie de part la destruction d’écosystèmes déjà fragilisés.
De même, ce remblai peut conduire à la destruction du platier et la mise en danger de toute la faune y habitant : poissons, et mammifères marins dont certains sont protégés, coraux,…
La construction d’une piste convergente risque de produire une modification des courants marins à l’intérieur du lagon d’où un envasement accéléré du lagon entraînant lui-même le blanchiment des coraux, la diminution de la barrière de corail et la perte de l’attrait touristique de Mayotte ainsi que l’accroissement des risques naturels.
Pour conclure, les questions qui méritent véritablement d’être posées sont : que veut-on vraiment pour Mayotte ? En faire une île antillaise ? Où les valeurs et la culture se perdent au milieu des charters de touristes ? Détruire son littoral et ses ressources naturelles uniques au monde seulement pour faire de l’argent ? Rechercher le profit envers et contre tout ? Reproduire les erreurs qui ont été faites ailleurs ? … Ou au contraire préserver ces richesses inestimables, les valoriser et les vendre de manières sélectes à des personnes à la recherche de l’authenticité, du traditionnel, et prêtes à y mettre le prix. Là réside toute la question du développement de Mayotte. Soit les Mahorais font le choix du tout capitalisme et ne pourront pas faire machine arrière (nous le voyons partout dans le Monde) ; soit ils préfèrent un développement raisonné, responsable et durable, capable de répondre aux besoins et aux attentes de tous sans tout détruire. Le capitalisme produit de la richesse rapidement en détruisant des ressources rapidement. Arrivé à un certain stade, les ressources sont épuisées, et la production de richesses disparaît. Est-ce cela que nous voulons pour nos enfants ?
Adrien MICHON
habitant de Pamandzi
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