|
Le patronat comorien relève le paradoxe de leur
situation, entre les vœux pieux des autorités de l'Union des
Comores et des îles qui « n’ont eu de cesse de vouloir
promouvoir le secteur privé et l’esprit d’entreprise parmi nos
concitoyens » et la réalité du terrain où « les
entreprises comoriennes sont confrontées à toute une série de
brimades ». L'Opaco (Organisation PAtronale des COmores) cite, par exemple,
« les menaces de fermetures, voire fermetures pures et
simples d’établissements », mais également, plus grave
et plus insidieux, la « diffamation et l'atteinte à
l’image des entreprises » qui nuisent au moral des
entreprises comoriennes.
L'organisation patronale regrette également que les entreprises « ne
reçoivent pas le soutien et l’aide qu’elles sont en droit
d’attendre de la part de certains services et administrations de
l’Etat comorien ». L'Opaco réclame également l'équité
dans le traitement des entreprises. Elle « souhaite que la
loi comorienne s’applique avec la même rigueur à tous les
opérateurs, aussi bien du secteur formel qu’informel ».
L'Opaco veut également que la législation
comorienne soit décidée aux Comores et « ne tient pas à
ce que des lois étrangères s’appliquent sur le territoire
national » tout en rappelant que les engagements pris
auprès d'instances internationales liées aux commerce, comme le
Comesa
(Common Market for Eastern and Southern Africa, marché commun de
l'Afrique de l'Est et australe), l’OHADA
(Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires),
le COMESA , la COI
(Commission de l'Océan Indien) et l’OMC (Organisation mondiale du
Commerce) doivent être traduite dans le droit comorien.
Mais l'Opaco refuse d'être « le bouc
émissaire » de « certains individus »
qui rendent ses membres responsables « des
dysfonctionnements du pays » et de la vie chère. « Ces
entreprises qui ont pignon sur rue, ne veulent plus être taillables
à merci, sous prétexte de leur supposée solvabilité. »
C’est en 1991 que l’Organisation Patronale des
Comores a été créée par la volonté des opérateurs économiques
de la place,sous l’impulsion de l’Organisation Internationale du
Travail : leur but était de faire entendre la voix du secteur privé
comorien auprès des autorités. L’OPACO compte 100 membres dont 30
actifs. Les branches professionnelles représentées sont au nombre
de 7. Le commerce occupe 45% des secteurs d’activités. Viennent
ensuite le service (22%), l’industrie et l’artisanat (11%),
l’hôtellerie et la restauration (9%), le BTP (8%), le transport
(5%). Le secteur agricole clôt la liste avec 2% de représentation.
(Source : Malango Actualité) |