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Avant même la signature, l'opposition, les exécutifs des îles, chacun avait décrié le contenu, allant même jusqu'à le qualifier de « l'accord du désaccord » comme le définira, lors d'une conférence de presse, Mohamed Abdouloihab gouverneur de la Grande Comore, quelques heures avant d'apposer sa signature sur le document. Mohamed Ali Saïd et les mohéliens partisans de la tournante en 2010, eux aussi continuent à le dénoncer haut et fort. Le dénominateur commun de tous ses cris de haro contre l'accord de gestion de la période intérimaire est que tout le monde a décidé de le signer, pour sortir de la crise, « préserver la paix, la sécurité du pays et empêcher ceux qui veulent du mal au pays, de jubiler et commettre l'irréparable» s'est expliqué pour sa part le président Sambi lundi en fin d'après-midi au palais du peuple sur invitation du peuple selon les organisateurs. « C'est une d'une interpellation du peuple au chef de l'Etat de venir s'expliquer devant le peuple qui l'a élu en grande majorité du pourquoi a-t-il accepté de parapher un accord qui viole la constitution comorienne, l'arrêt de la cours constitutionnelle et qui rejette les recommandations du congrès des élus » annoncera l'orateur en ouvrant la rencontre du palais du peuple lundi, le Dr Mouhtar. Ce dernier parlant au nom de tous les comoriens s'en est pris à la communauté internationale, qu'il a accusé de saper l'intégrité et les lois du pays. Le Dr Mouhtar s'en est pris par la suite aux diplomates qui ont diligenté la signature de cet accord allant jusqu'à appeler le président Sambi à retirer le dossier comorien aux personnalités diplomatiques qui le gèrent au profit d'autres médiateurs neutres et sans parti pris. Ce grand orateur et fervent défenseur du camp Sambi désignait, sans mettre un nom, ce diplomate qui a passé 13 ans à gérer le dossier comorien qui prend, selon lui, des allures «de fonds de commerce». Pour parler clair, il s'agit bien de l'envoyé spécial de l'Union africaine qui est visé, le Mozambicain Francisco Geatano Madeira, l'ami d'hier devenu l'ennemi de l'Etat aujourd'hui, pour avoir pesé de tout son poids pour imposer la signature de cet accord. Le Dr Mouhtar, dans son exercice oratoire, a demandé au président de prendre cette mesure dès ce mardi. «Révoquer l'ensemble de ceux qui ont contribué à la signature de ce document et d'exiger leurs remplacement par des nouveaux plus crédibles et impartiaux. » Pour le président Sambi, l'exercice n'était pas facile. Dès le début de son discours-réponse, il a commencé par rassurer l'assistance en affirmant que s'il avait décidé de signer cet accord, c'est pour l'intérêt du pays. «Imaginez si je n'avais pas signé ce document. Il se préparait des choses dangereuses pour ce pays. Cela a commencé par des menaces et des actes ont été mis en exécution par la suite. » Prenant comme exemple l'assassinat du Lt-colonel Combo Ayouba, le chef de l'Etat comorien a mis cet assassinat sur le compte de ceux qui veulent du mal aux Comoriens, qui ne veulent pas voir le pays et les comoriens décider de la destinée de leur nation. Sur ce dossier, il a mis à prix la tête de celui ou ceux qui ont assassiné Combo Ayouba. Il a promis 5.000.000 francs comoriens (soit 10.000 euros) à celui qui donnera des pistes sérieuses permettant de mener à l'arrestation du ou des coupables. Et d'insister qu'en sa qualité de président légal des Comores, il a signé cet accord pour que la voie suivie pour donner un peu plus de crédit au pays ne s'estompe. Pour que les amis de l'Union des Comores, comme les pays arabes, ne tournent pas le dos au pays à un moment décisif où plusieurs investisseurs et organismes internationaux se penchent sur le cas des Comores. Une question, certainement la plus importante à ce jour, n'a malheureusement pas été abordée lors de ce rassemblement : est ce que le gouvernement intérimaire qui devait être mis en place depuis samedi est toujours d'actualité, pour quand et avec quel schéma ? Car, ce qui est urgent pour tous les comoriens, c'est de savoir si le chronogramme annexé à l'accord sera suivi à la lettre. Sur ce point, rien n'est moins sûr. Le gouvernement remanié et consensuel annoncé pour le 18 juin, selon le chronogramme établi dans l'accord de gestion de la période intérimaire, a été reporté pour dimanche, lundi puis on ne sait quand. La cause en serait que Mohéli réclamerait d'autres portefeuilles que celui qui lui a été destiné d'office par l'accord signé la semaine dernière. L'exécutif de la Grande Comore exigerait aussi un partage équitable des postes ministériels et le pouvoir Sambi chercherait à minimiser la représentation des autres parties en ne cédant que trois postes, un pour chacun des exécutifs des îles. Une démarche qui est loin d'avoir l'adhésion des exécutifs de Mohéli et de la Grande Comore. Le comité de suivi, lui non plus, n'est pas encore connu.
(Source : Malango Actualité) |