L'Etat va signer avec Mayotte un nouveau contrat de projet prévoyant 548 millions d'euros de financements sur sept ans, dont 337 à la charge de Paris (soit plus de 60%), a annoncé mercredi le secrétaire d'Etat français à l'Outremer, Christian Estrosi, à l'issue d'une communication en Conseil des ministres. "Ce contrat de projet permettra de poursuivre les investissements déjà engagés pour donner les bases nécessaires au développement de Mayotte", souligne M. Estrosi. "Un effort particulier sera fait en faveur du logement, de l'assainissement des eaux usées et des infrastructures aéroportuaires", précise-t-il. Il confirme ainsi les déclarations de Saïd Omar Oili qui, lors d'une conférence de presse le 17 janvier, avait affirmé que Nicolas Sarkozy comme Christian Estrosi étaient partisans de la piste longue et défendraient ce projet qui avait pris un coup dans l'aile après la publication fin décembre d'un rapport des Ponts et chaussées repoussant la construction d'une piste longue à 2015. "Ils nous soutiennent", avait assuré le président du Conseil général, selon lequel "le nouvel aéroport verra le jour avant 2015".
Outre la piste longue qui est devenue une véritable arlésienne à Mayotte, le "cœur" du nouveau contrat de projet, qui entend favoriser "un nouveau modèle de développement économique, social et humain", s'articulera autour de cinq axes : "ouverture sur l'extérieur, développement économique et emploi, égalité des chances, aménagement du territoire et développement durable". Seront joints au contrat une convention spécifique Etat-collectivité relative aux infrastructures portuaires et une déclaration de l'Etat relative à l'éducation, rapporte une dépêche de l'AFP.
M. Estrosi a par ailleurs rappelé à propos de la départementalisation de Mayotte que "les électeurs mahorais pourraient être consultés, conformément à leur souhait et à l'engagement du président de la République (…) si le Conseil général le demande" après les élections cantonales des 9 et 16 mars prochains. En cas de volonté de la part des futurs conseillers généraux de demander la départementalisation, l'Etat disposerait de 12 mois pour organiser le référendum, a ajouté M. Estrosi.
"Si cette évolution était approuvée, elle se ferait de manière progressive et serait conduite parallèlement au développement de l'intégration de Mayotte dans son environnement régional", a en outre précisé le secrétaire d'Etat, qui doit se rendre à Mayotte dimanche 27 ou lundi 28 janvier. Si la préfecture n'a pas encore confirmé officiellement cette visite, des aspects de son programme sont déjà évoqués. Outre la signature du contrat de projet avec le Conseil général, M. Estrosi pourrait se déplacer à Sada (le fief de Mansour Kamardine) et évoquer dans un discours la question de l'éducation à Mayotte. Une prise de parole très attendue par les syndicats des enseignants : l'intersyndicale SE-CGT-Ma / Snudi-FO a d'ores et déjà lancé un préavis de grève pour le 28 janvier.