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Si en métropole les transports étaient perturbés
et si à La Réunion 5000 manifestants selon le JIR étaient dans la
rue, à Mayotte ce ne fut pas le lever de bouclier. « Avec un mot
d’ordre tel que celui-ci, et en prenant en compte le nombre
d’écoles mahoraises, on peut s’attendre à un rassemblement de
seulement 100 à 300 personnes ici » explique Ansiffoudine Port
Said. Mais ils étaient moins d’une centaine à suivre le chemin
qui mène à la Préfecture.
Il faut dire
que très peu de centrale syndicale avait lancé un mot d’ordre de
grève : FSU, SNUipp, SNES, Sud Education et le
syndical national des Sapeurs Pompiers Professionnels avaient décidé
de manifester ensemble. Ces derniers, au nombre de 3, s’inscrivaient
dans un mot d’ordre d’action nationale de leur fédération dans
le cadre de la défense des retraites.
Pour FSU et son ex-secrétaire général Bruno Bina
: « nous n’avons pu être plus nombreux car les enseignants
du secondaire sont en correction du bac ».
Les revendications du SNUipp sont toujours le
renouvellement des contrats de travail et la titularisation de tous
les instituteurs contractuels par voie de concours interne réservé,
l’ouverture immédiate des négociations sur l’indexation des
salaires de tous les enseignants du premier degré et une retraite
qui tient compte de l’ancienneté générale de service et des
différentes situations statutaires des enseignants du premier degré.
« Nous déplorons encore une fois de n’avoir pas été reçu
par le Préfet » signalait Ansiffoudine Port
Said.
« Oranges et œufs au menu des
embouteillages »
Plus loin, les agriculteurs étaient réunis
derrière leur leader de la FDSEA (Fédération départementale des
Syndicats d’Exploitants agricoles), Ali Ambody : « nous
demandons un financement rapide de nos dossiers d’installation et
de modernisation, un schéma directeur qui permet la réalisation des
projets simples, des crédits pour développer nos exploitations, le
maintien de l’aide de la culture d’ylang ylang et de vanille, une
revalorisation de 10% de l’Indemnité compensatoire annuelle
mahoraise pour faire face aux spécificités de notre agriculture,
une réflexion sur la commercialisation de nos produits, le
désengorgement des exploitations par des pistes et l’apport en
eau, la consultation de nos organisations avant toute décision
concernant l’agriculture et la suspension des cotisations sociales
avant la mise en place de la retraite agricole ».
Et c’est en distribuant oranges, œufs durs et
bananes aux conducteurs bloqués dans leurs véhicules que les
salariés du secteur agricole ont défilé autour du rond point de la
barge.
Ils ont été reçus à 15h30 par le président
Douchina qui « s’est montré soucieux des problèmes
inhérents à la commercialisation et au désenclavement agricole,
mais n’a aucune marge de manœuvre, par l’impossibilité actuelle
de prendre une décision budgétaire » traduit Aly Ambody qui
précise que des propositions seront remises d’ici un mois aux élus
du Conseil général.
Sur le plan des retraites, il faut rappeler que le
gouvernement s’est dit inflexible sur le report de l’âge légal
de départ à la retraite de 60 à 62 ans d’ici à 2018, et la
hausse du taux de cotisations retraite des fonctionnaires pour
l’aligner sur celui du privé. C’est sur les points concernant la
pénibilité de certains emplois ou la situation de ceux qui ont
commencé à travailler à 18 ans que le gouvernement sera enclin à
négocier.
A.L.
(Source : Malango Actualité) |