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J’habite à Trévani sur la commune de Koungou. Ce soir, « ma mission si je l’accepte est de jeter la poubelle ! » (malheureusement celle-ci ne s’auto-détruira pas dans les cinq secondes !) .

Cette mission qui au premier abord peut sembler simple va se révéler extrêmement compliquée. Fort de m'acquitter proprement de cette tâche, je commence la tournée des containers de la commune de Koungou :
Trévani : les containers sont au milieu des habitations, enfin en théorie car là c'est plutôt les habitations qui sont au milieu des poubelles …

Je décide de ne pas polluer davantage les pauvres riverains et pars donc à l'aventure sur la nationale 1 direction Mamoudzou !
Le paysage est haut en couleur : terre rouge, végétation verte, habitations grises, les détritus qui jonchent le bord des routes sont eux de toutes les couleurs …
En sortant de Koungou je pense toucher au but : en effet je sais que les containers sont nombreux … mais hélas il y en a plus en dehors que dans les grands bacs (qui sont pourtant archi-pleins) …

Sensible à la « prévention » « mise en place » par la mairie et son représentant M. Mounirou (voir la Lettre de Malango n°281) et peut-être effrayé par la « répression » appelée de ses vœux, je décide de prolonger mon escapade jusqu'aux containers de Majicavo-Koropa en me disant que si Trévani et Koungou croulent sous les ordures dans les espaces aménagés (et ailleurs) c'est que les agents de la mairie ont mis le paquet sur Magicavo-Koropa . Encore une désillusion : les chèvres s'en donnent à cœur joie entre la poubelle renversée et les sacs qui débordent des containers.
Dernier espoir pour m'acquitter de ma mission en restant sur la commune de Koungou : les poubelles de Majicavo-Lamir.
Hélas tel le Titanic, je finis encore une fois ma croisière sur un iceberg de poubelles : une montagne dans les bacs et un volumes 5 fois supérieur en dessous (ou plutôt à côté).
Voilà un quart d'heure que je tourne en voiture, mon paquet commence à devenir odorant (dire qu'une partie conséquente des habitants de ma commune vit au milieu de ce parfum …).
Je n'ai plus la force d'aller sur Kangani ou Longoni …
En passant en contrebas de la « fière » mairie de Koungou, la lassitude a laissé la place à la colère : cela fait maintenant des mois que des habitants de Trévani essayent de faire de la prévention avec la mairie, sans résultat.
Peut-être que ce sont les habitants de Koungou qui devraient faire de la répression vis-à-vis de leurs élus en déposant systématiquement toutes les poubelles tous les jours devant la porte de la mairie jusqu'à ce que la municipalité cesse de se moquer de ses administrés.
En attendant je suis tout seul avec mon sac poubelle qui commence à couler et je rentre chez moi tout penaud, honteux d'avoir échoué dans cette mission que partout ailleurs un enfant aurait pu mener à bien.
J'espère que les élus de Koungou en charge de la collecte des ordures ménagères sont honteux de leur faillite et cherchent activement des solutions efficaces pour que notre vie cesse d'être une longue décharge tranquille.
Ps : sept des hauts dignitaires de Koungou dont monsieur le maire (qui aux dernières nouvelles était assigné à résidence) ont trouvé la solution pour ne pas être importunés par les ordures : un séjour tous frais payés au congrès des maires de France.
Cette solution qui creuse un peu plus les déficits de la commune a dû coûter à peu près l'équivalent du montant nécessaire à la remise en état des deux camions-poubelles qui sont hors-service depuis plus d'un an !
Denis FESTOR
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