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"Je crois qu'il existe un réel engagement
d'un certain nombre de pays" pour renforcer la coopération
et les poursuites judiciaires contre la piraterie, a déclaré Mme
Ashton à Victoria, la capitale des Seychelles.
Le Kenya et les Seychelles sont à ce jour les deux
seuls pays du littoral de l'océan Indien à avoir conclu des accords
avec l'UE pour détenir préventivement et poursuivre en justice les
présumés pirates appréhendés par la force navale européenne
Atalante. Mais ces deux pays se sont depuis plaint de la lourdeur et
du coût induits par ces poursuites.
"Nous avons besoin de l'engagement de
beaucoup d'autres pays" dans la lutte contre la piraterie, a
déclaré Mme Ashton peu avant l'ouverture à Victoria d'une
conférence sur le sujet co-organisée par l'UE et les Seychelles.
Le Kenya
La visite de Catherine Ashton, la Haute
représentante de l'UE, au Kenya n'a pas permis de débloquer le
dossier. Mais on a pu noter quelques avancées dans le véritable
bras de fer qu'a engagé le Kenya avec la communauté internationale,
et notamment l'Union européenne.
Fin mars, le Kenya avait dénoncé l’accord qui le
liait à l’Union européenne. Celui-ci ayant un préavis de 6 mois,
il reste encore 4 mois pour négocier un nouvel accord.
Le ministre des Affaires étrangères kenyan, Moses
Wetangula, n'est pas revenu sur cette dénonciation, mais il a
qualifié, cette visite de "fructueuse". Car l'UE a
reconnu la nécessité d'un « partage des charges », d'un «
effort international plus concerté » et « qu'un pays ne
pouvait résoudre seul ce problème ». Cathy Ashton l'a confirmé
à ses interlocuteurs. Le Kenyan a ainsi fait un geste de
conciliation. Le pays pourrait accepter « au cas par cas »
de prendre en charge des suspects appréhendés par les navires de la
force européenne.
La Tanzanie
La Tanzanie pourrait être le troisième Etat de
l'Océan indien à signer un accord avec l'Union européenne. Tel
est, en effet, le sentiment au sein de la délégation européenne.
Il est vrai que cela fait plus d'un an qu'on en parle et que les
diplomates préparent le terrain. Mais cette fois, on semble plus
proche d'un accord. Le pays a récemment modifié sa loi pénale et
une aide logistique et financière de l'UE pourrait lui être
apportée, pour les prisons, la justice et la police, a précisé
Catherine Ashton.
Et Maurice ?
Même si Maurice ne faisait pas partie des pays
visités par Catherine Ashton, c'est une autre piste envisagée.
Plusieurs pays dont la Grande-Bretagne, la France et les Etats-Unis,
ont demandé à l'Ile Maurice d'accueillir les suspects de piraterie.
Ils se sont montrés prêts à aider le pays à construire une prison
spéciale pour ces prisonniers et à mettre sur pied un tribunal
spécial composé de juges mauriciens et étrangers avec une bonne
maîtrise des lois maritimes internationales pour juger les pirates.
La plupart des pirates arrêtés par des navires de
guerre étrangers ces dernières années au large de la Somalie ont
été relâchés, soit en l'absence de preuves suffisantes de leur
culpabilité, soit à cause de l'engorgement des systèmes
judiciaires et pénitentiaires locaux. Au Kenya, pays limitrophe avec
la Somalie, s'ajoute le risque de représailles sur son sol. (avec Nicolas Gros-Verheyde et AFP)
(Source : Malango Actualité) |