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L'actualité à Mayotte

Dans le numéro 431 de Malango Quotidien
Mayotte
Tourisme

Assises du Tourisme :
apporter une orientation dans la politique publique

Par Annette Lafond
Lundi 27 Février 2012 à 13:10:32

Le tourisme, un secteur d’activité qui n’a jusqu’à présent jamais passionné les élus. L’île en fait les frais alors que ce secteur a été touché de plein fouet par l’image répercutée par le conflit social, et l’insécurité qui en a découlé. Des mesures ont été prises, mais beaucoup reste à faire, alors que les élus, contrairement à la Préfecture, participaient cette année au débat.

Michel Charpentier prend la parole pour aborder l'épineux problème de la salubrité
© A.L./Malango

2010 fut une année sans élu pour les Assises du tourisme, et pour la seconde édition, c’est l’Etat qui n’a pas assuré sa présence lors des débats alors qu’il était mis en cause dans plusieurs domaines. Les atouts et freins de l’île étaient débattus entre les acteurs publics et privés du secteur.

Des Assises pour quoi faire pourrait-on se demander lorsqu’on parle d’un secteur aussi moribond que le Tourisme à Mayotte… Parce qu’il est, avec l’aquaculture, un des deux secteurs clef du développement de Mayotte nous avait répondu Bertrand Coûteaux, le commissaire au développement endogène, ce que disait également ce jour Daniel Zaïdani, le président du Conseil général.

On peut cependant écrire que l’on part de zéro, parce que « nous n’avons pas à Mayotte de piste d’orientation concernant le développement du tourisme » déclarait Rastami Abdou, le président du Comité Départemental de Tourisme (CDTM) qui rajoutait que la faute en revenait aux élus (il est lui même conseiller général) « qui ne s’impliquent pas assez ».

Car un constat a été fait en 2009 par la société Atout France, dont la représentante Nathalie Hoareau connaît bien Mayotte et la zone Océan Indien : « nous avions classé Mayotte dans le troisième groupe des territoires ultramarins parce que destination encore confidentielle, comme l’ile de Saint Pierre et Miquelon, et aux contraintes d’accès qui impliquent de définir un modèle de développement touristique propre ». Et depuis 2009, la situation a-t-elle évolué ? « Si Saint Pierre et Miquelon a résolument développé ses croisières, on considère que c’est un secteur encore en devenir à Mayotte ». On peut le dire, alors qu’il y a encore quatre ans, l’île accueillait une vingtaine de paquebots… ils étaient quatre sur la saison 2011-2012 !

Créer un parcours touristique autour des gestes traditionnels

« Des dérogations sélectives à la loi littoral »

Et pourtant, Mayotte a tout d’une grande : « c’est une île, ce qui pousse au voyage, au rêve, à la découverte… elle bénéficie d’une proximité avec l’Afrique, est située au sein du bassin touristique de la zone sud Océan Indien avec d’autres îles véritables moteur sur le plan du tourisme » décline Nathalie Hoareau. Mais le rêve implique qu’on apporte un accueil « à la hauteur de l’attente » car des freins, Mayotte n’en manque pas : « une trop faible capacité d’hébergement, une accessibilité médiocre tant aérienne que liée au réseau routier interne « à trous », une absence de haut débit » et surtout, mais cela viendra dans la bouche de Michel Charpentier, association les Naturalistes, « la saleté et l’insécurité ».

Or, si Mayotte veut s’atteler à développer ce secteur, « créateur de valeur ajoutée et d’emploi » ainsi que le soulignait Nadine Delattre, Secrétaire générale aux affaires économiques et régionales, il va falloir considérer tous ces points négatifs et y remédier, « avec l’accord et l’appui de la population locale ».

Au niveau des structures d’hébergement, c’est souvent l’absence de foncier qui est incriminé. « En 2013, nous allons accroitre la régularisation foncière pour les infrastructure hôtelière » répondait Daniel Zaïdani. Alors que Nadine Delattre relevait que 4 des 9 projets inscrits au Plan d’Aménagement et de Développement durable (PADD) avaient bénéficié de dérogation sur la loi littorale, dont le fameux projet de l’hôtel Hilton de Théophane Narayanin… Ce qui fit réagir Sarah Mouhoussoune, 2ème vice présidente du Conseil général, qui demandait que « les petits porteurs de projet puissent également bénéficier de dérogations sur la loi littoral ». Une loi qui est un exemple type des importations de la législation métropolitaine, à contre courant des besoins d’un territoire qui se retrouve sous cloche… seul le mont Combani serait constructible en poussant le trait… !!

La saleté, elle, ne demande pas de grands moyens. On imagine le passage à Koungou d’un touriste qui a payé son billet 1500 euros !!! Comment se fait-il que les déchets continuent à joncher le sol quand ils sont rassemblés dans des sacs proprement rangés sur le trottoir dans la commune de Mamoudzou. Un élu de la Collectivité nous lançait une idée : « utiliser les 400 agents qui sont employés à ne rien faire en les dispachant sur l’ensemble de l’île pour nettoyer en permanence. Et ceux qui ne viennent pas, rupture de contrat !! ».

L’insécurité a crû, pour Rastami Abdou, à l’issue des 44 jours de grève : « l’Etat et le Conseil général ont donc placé 60 jeunes sur les plages pour l’accueil et la sécurité, et le résultat est encourageant car depuis le mois de septembre il n’y a eu qu’une seule agression sur une plage ».

Développer le tourisme, c'est aussi permettre à d'autres métiers d'exister

« Combler la perte du chiffre d’affaire et d’image »

L’accès aérien a été longuement débattu au cours du débat public sur la piste longue, « nous avons besoin de cet allongement de piste qui amènera la concurrence, ce qui réduira notre dépendance vis à vis de la stratégie commerciale d’une seule compagnie » argumentait Daniel Zaïdani.

Le problème de l’isolement de certains gîtes était également évoqué. « Lorsque l’établissement est dans leur périmètre, ce sont les communes qui doivent désenclaver en construisant les routes » répliquait Daniel Zaïdani.

Certains professionnels, comme Djinouri, gérant de chambres d’hôtes regrettait que ce secteur touristique en croissance régulière depuis quelques années, ait été stoppé net par le conflit social : « nous n’avons plus aucun touriste depuis le mois de septembre, sans que nous soyons accompagnés ». «Lors de l’épidémie de chikungunya, les professionnels réunionnais avaient eu droit à des subventions pour combler la perte de leur chiffre d’affaire ! » renchérissait Céline de Baobab Tour.

Nathalie Hoareau, au cours de ses trois exposés en matinée, demandait aux acteurs de choisir leur modèle de développement touristique, « de masse, mais cela s’adresse au grands territoires, culturel, de campagne, de luxe ou en écotourisme qui permet de valoriser les atouts naturels du territoire tout en le préservant et en l’axant vers la découverte des habitants », puis, démarrer l’installation des équipements et la formation du personnel de concert.

Il est en tout cas l’heure d’agir car Mayotte reste à la traine dans ce domaine qui pourrait être son facteur de croissance. C’est dans cet esprit que l’écrivain-journaliste Zaïdou Bamana qui dirigeait les échanges s’adressait aux élus : « le fait de ne rien décider est déjà une décision, mais je ne suis pas sûr que ce positionnement nous serve ».

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