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Dans un contexte international 2009 défavorable de
crise économique succédant à la crise financière « made in
Etats-Unis », soulagé début 2010 par une timide reprise dans
les pays avancés, plus vigoureuse dans les pays émergents comme la
Chine, Mayotte voit son activité économique toujours et encore
ralentie par les difficultés financières de sa Collectivité
départementale.
« La plupart des indices macroéconomique
sont passés au rouge » traduit Victor-Robert Nugent, « à
part celui de l’indice des prix à la consommation qui diminue de
0,6 % au premier trimestre 2010, ce qui permet une amélioration du
pouvoir d’achat des ménages mahorais ». Mais même cette
baisse est inquiétante, car avec une inflation de 0,9 % en 2009,
proche de celle de la métropole, alors que le SMIG mahorais ne cesse
d’être réévalué, c’est bien une diminution de la consommation
des ménages qu’il traduit. Or c’est cette consommation qui est
le moteur de l’économie, facteur de développement des entreprises
et donc de création d’emplois. En effet, le marché de l’emploi
est sinistré avec une diminution de 20 % des offres d’emploi en
2009 par rapport à 2008.
Les importations subissent une baisse également (-
3%) en 2009, traduisant aussi cette diminution de la consommation. Ce
chiffre ne reflète pas l’augmentation d’importation de riz (+ 32
% !), ni la baisse spectaculaire d’importation de véhicules
neufs (- 34 %). Une reprise est cependant constatée au premier
trimestre 2010 avec une augmentation de 10 % d’importation de
produits alimentaires. Au niveau des exportations qui sont
constituées essentiellement de réexpéditions vers les pays
voisins, c’est la chute également (- 4 % en 2009).

Timide reprise des importations au 1er trimestre 2010
« Les grands projets annoncés par le
Président de la république ne voient pas le jour »
C’est du côté des entreprises que le marasme est
le plus visible, puisque leurs investissements sont en net recul,
provoqué par la détérioration de l’activité économique :
allongement des délais de paiements des collectivités, alourdissant
les situations de trésorerie des entreprises. « Les carnets
de commande sont au plus bas, provoquant l’arrêt des
investissements et donc la baisse des importations de biens
d’équipement, et d’achat de véhicules utilitaires. Les
incidents de paiements se multiplient. Aucun recrutement n’est donc
envisagé ».
Au 1er trimestre 2010, le climat des
affaires continue à se dégrader et les chefs d’entreprises sont
toujours pessimistes surtout dans les secteurs du BTP et du commerce,
alors que les secteur du tourisme et de l’agroalimentaire sont plus
épargnés. Seul le secteur industriel connaît une croissance qui
devrait se prolonger au cours des prochains mois.
Un tableau bien noir « alors que le
rythme soutenu de la croissance démographique génère des besoins
importants en terme d’infrastructures, d’écoles, d’équipements
sportifs. De plus les produits d’accession à la propriété, les
chantiers d’envergure du Contrat de projet Etat-région ou les
grands projets annoncés par le Président de la république lors de
son passage à Mayotte ne voient pas le jour. Or ce sont tous ces
projets qui devraient porter le secteur du BTP » traduit le
directeur de l’IEDOM.
« Un développement dans les mains des
acteurs mahorais »
En cette période d’incertitude sur l’avenir,
les ménages continuent à épargner (+ 5 % entre 2008 et 2009, et +
3 % en 2010) au détriment de la consommation. Or pour se développer,
une économie a besoin d’entreprises et de ménages qui
investissent, en plus d’une consommation soutenue.
« Nous sommes donc toujours dans un climat
d’incertitude pour la fin de l’année 2010 avec des prévisions
d’emploi à la baisse, et une éventuelle reprise envisagée par
les chefs d’entreprises début 2011 ».
« Je considère qu’il ne faut pas tout
attendre de la départementalisation et que les conditions d’un
vrai développement économique de Mayotte sont dans les mains des
acteurs mahorais » explique Victor-Robert Nugent,
sous-entendant qu’il ne faut pas attendre l’appui de la métropole
ou des subventions pour créer des entreprises.
« L’un des enjeux les plus importants est
l’évolution de Mayotte vers le statut de RUP, avec des fonds
structurels plus importants que ceux du Fed, mais aussi l’intégration
de Mayotte dans un espace communautaire plus large ».
Plusieurs conditions à cela puisqu’il faut adapter les statuts et
infrastructures aux normes demandées par l’Union européenne.
A.L.
(Source : Malango Actualité) |