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Jégo évite les manifestants |
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Une trentaine de manifestants ont accueilli le secrétaire d’Etat au Conseil général, jeudi en début d’après-midi, sous les cris de « Intégration ! Intégration ! » A l’appel d’une intersyndicale composée de trois formations (SE-CGT-Ma, Cisma-CFDT Conseil général et Fédération Santé et Action sociale CGT Mayotte), ils réclamaient l’intégration des agents publics dans les corps de droit communs, et non dans des corps propres à Mayotte, ainsi que l’indexation pour tous les agents de la fonction publique. « Nous réclamons simplement l’égalité sociale » a expliqué un manifestant. « Actuellement, on nous intègre dans des corps dérogatoires qui n’existent qu’à Mayotte, alors qu’en 2010, on est censés être tous intégrés dans la fonction publique de droit commun. »
Peu avant de s’entretenir avec le président du Conseil général, Yves Jégo est passé devant eux sans s’arrêter. « C’est en cours ! » leur a-t-il lancé, se référant à l’intégration. « Il a encore une fois montré son mépris pour nos revendications », a dénoncé Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire général du SE-CGT-Ma, peu après. « Cela fait quatre fois qu’il vient, quatre fois que nous lui demandons une audience, et quatre fois qu’il nous la refuse. Pourtant demain (ce vendredi, ndlr), il doit rencontrer des syndicats, mais qui eux sont d’accord avec sa politique. » |
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Trois semaines après leur rencontre avec le président de la République à l'Elysée, le 16 décembre, le secrétaire d'Etat à l'Outremer, Yves Jégo, a satisfait les membres du Comité de suivi sur la départementalisation, auxquels il avait fixé un rendez-vous en début d'après-midi jeudi 8 janvier, deux heures après son arrivée dans l'île. « Cette rencontre a été satisfaisante », selon Ibrahim Aboubacar (PS) et Abdoulatifu Aly (MDM), « constructive » selon Saïd Omar Oili (Néma). Certains des élus avaient récemment envoyé des amendements au ministère visant à retoucher la feuille de route du gouvernement. Le Nouvel élan pour Mayotte de Saïd Omar Oili avait pour sa part vertement critiqué ce texte, stigmatisant notamment le défaut d'égalité sociale. « Sur la ligne générale, nous sommes tous d'accord », a toutefois révélé Ahmed Attoumani Douchina jeudi soir. « Nos amendements portaient essentiellement sur des questions de rédaction. » Les élus s'inquiétaient notamment du mode du scrutin qui déterminera la composition de la future assemblée, en 2011 – assemblée qui cumulera les compétences d'un Conseil général et d'un Conseil régional. « Sur ce point, M. Jégo nous a indiqué qu'il nous revenait de proposer quelque chose », s'est réjoui Ibrahim Aboubacar, le rapporteur du Comité de suivi. Les élus devront trancher entre un scrutin de type uninominal, de liste ou à la proportionnelle. Autre inquiétude des élus : l'inégalité sociale. « On nous dit : 'Vous aurez l'égalité sociale dans 25 ans'. Mais nous disons que c'est inadmissible. On nous dit : 'A la Réunion, ils ont attendu trente ans pour avoir l'égalité sociale'. Mais nous disons que nous sommes dans une toute autre situation. En 1946, on sortait de la guerre. Il y avait le plein emploi. Il n'y avait pas de téléphones portables. Aujourd'hui, nos enfants voient la télé. Ils ont envie de consommer, car nous sommes dans une société de consommation. Si nous ne voulons pas que la société mahoraise devienne violente, alors que nous sommes très loin du plein emploi, il faut l'égalité sociale. C'est pourquoi nous demandons à ce que le RSA représente 50% du RSA métropolitain en 2012, contrairement aux 25% que propose le gouvernement », a expliqué Saïd Omar Oili à la fin de la rencontre avec Yves Jégo. Il n'a été que partiellement entendu : le secrétaire d'Etat a accepté de revoir les délais en cas d'évolution positive. « Le pacte sur la départementalisation n'est pas figé », a rappelé Yves Jégo. « Il nous a dit que les délais fixés pouvaient évoluer. Par exemple, concernant les prestations sociales, si l'économie mahoraise se développe, il n'est pas exclu que les prestations rattrapent plus rapidement celles de la métropole », a expliqué le député Abdoulatifou Aly. Les élus ont également obtenu l'assurance du ministre qu'un débat parlementaire serait organisé après la consultation des Mahorais. « Il s'agit d'une demande forte des élus car nous sommes conscients que les députés et les sénateurs sont loin d'être acquis à notre cause », a avoué M. Aly. Quant à la question qui sera posée aux Mahorais le 29 mars, elle devrait être prochainement connue. « Elle est actuellement étudiée par le Conseil d'Etat », indiquait hier soir Ibrahim Aboubacar. « Mais nous sommes d'ores et déjà satisfaits car M. Jégo nous a assuré qu'elle n'aurait pas de texte accolé. Nous voulions une question claire et simple. Nous l'aurons ! » RC
(Source : Malango Actualité) |