|
Quand on lui demande d'analyser son échec dès le premier tour, où elle n'a réuni que 14% des suffrages, M.L. Penchard n'y va pas par quatre chemins et accuse : « J'ai payé pour Jégo et sa gestion de la crise en février 2009 », affirme la ministre qui pense que « Les Guadeloupéens ont eu l'impression d'être abandonnés lors de la gestion de cette crise ». Evidemment, Yves Jégo n'a que très moyennement apprécié cette attaque et l'a renvoyée dans les cordes avec un « quand on se targue de vouloir faire de la politique ça veut dire savoir assumer ses défaites ». Il lui demande également de « surtout ne pas prendre les citoyens pour des naïfs en laissant penser que l'électeur ne sait pas ce qu'il fait ou pour qui il vote ». Il lui donne également une petite leçon de savoir-vivre en rappelant qu'il ne s'est jamais « jamais exprimé sur celle qui m'a succédé » et finit par un cinglant « je n'ai pas vocation à être le bouc émissaire d'une ex-collaboratrice de cabinet qui a manifestement bien des difficultés à endosser l'habit de ministre ». Patrick Karam : M.L. Penchard tire sur son propre camp Yves Jégo n'a pas été le seul à réagir. Patrick Karam, délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer et Guadeloupéen lui aussi, s'est dit « stupéfait par les propos de Mme Penchard » dans une déclaration à l'AFP. « Il n'est pas de coutume républicaine qu'un ministre juge l'action de son prédécesseur, surtout quand il appartient à sa propre famille politique », a-t-il poursuivi. « Si Mme Penchard avait raison, les Guadeloupéens auraient voté pour elle », a ajouté M. Karam, aussi cinglant que Jégo et tout en soulignant la « popularité » de M. Jégo en Guadeloupe. Karam, élu dimanche conseiller régional UMP à Paris, a recommandé à la ministre « de se concentrer sur ses dossiers au profit de l'ensemble des outre-mer plutôt que de perdre son temps à tirer contre son propre camp ». On noera que M. Karam a perfidement appuyé sur "l'ensemble des outre-mer", une allusion à la précédente gaffe de Marie-Luce Penchard.
Marie-Luce Penchard s'était déjà attirée les foudres des autres DOM en promettant de privilégier ses compatriotes de la Guadeloupe. Cette nouvelle passe d'armes ne va pas arranger son image au sein de son propre camp où déjà, à l'époque, le député UMP Patrick Balkany, un proche du président Nicolas Sarkozy, avait estimé que la ministre de l'Outre-mer devait être « virée du gouvernement ». Nicolas Sarkozy pourrait bien regretter de l'avoir gardée lors de son mini remaniement ministériel de lundi. (avec France Antilles) L'interview complète sur France Antilles
(Source : Malango Actualité) |