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A peine le statut de département est-il acquis que les Mahorais font comme tout bon Français qui se respecte, ils descendent dans les rues pour revendiquer plus de droits et plus de considération.
La manifestation du 8 novembre avait rassemblé plusieurs milliers de personnes à Mamoudzou
© A.L./Malango
C’est à croire qu’il y avait une sorte de peur tacite de faire des revendications, la peur de froisser Paris. Une sorte de « nous sommes des bons petits français dociles, gardez-nous », puisque jusqu’au mois de mars dernier Mayotte passait d’un statut précaire à un statut précaire, vu que le changement n’avait lieu que dans la dénomination administrative de notre île.
En ce qui me concerne, le seul changement concret que j’ai pu constater, lorsque Mayotte est devenue une collectivité départementale, c’était dans les bureaux de poste en France métropolitaine. En effet pour envoyer des paquets à Mayotte avec le colissimo, on avait du jour au lendemain droit aux boites les moins chères réservées aux DOM. C’est à croire que soudainement Mayotte s’est rapprochée « géographiquement » de sa métropole ! Cela peut paraitre anodin, mais pour moi cela a toute son importance puisque à partir de ce presque rien, le guichetier de la poste n’a plus dans le regard cette expression qui dit « en fait vous n’êtes pas vraiment Français ».
Mise à part cette petite histoire, de l’extérieur, la départementalisation de Mayotte s’apparente aux manifestations sociales et aux grèves interminables. De là où nous sommes on n’y voyait que le chaos et pourtant on ne pouvait dire autre chose que « nous les soutenons à 100% ». De toute façon cela ne nous engage en rien. Pendant que les Mahorais vivant à Mayotte se donnaient des coups de coudes pour un sac de riz, nous étions devant notre réfrigérateur contrariés juste par l’embarras du choix.
Malgré l’insouciance dans laquelle je parais être, je regarde avec impuissance une épidémie de révoltes sociales s’abattre sur mon île. Après la grève contre la vie chère qui a paralysé Mayotte, EDM fut contaminée. Maintenant c’est au tour de la CAF. Quelle est la prochaine cible de cette épidémie ? Le pire c’est qu’on a l’impression que ça ne fait que commencer !
Pauvre de Monsieur le Préfet, qui est au mauvais endroit, au mauvais moment ; c’est le genre de circonstances qui flinguent une carrière !
Magoma ANTOISSI
depuis la Réunion
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2 commentaires sur cet article. 12206 -
Metropole :
Il faut savoir que, après trois mois d'attente, le destinataire du colis, pensant que le colis était perdu, a acheté un autre ordinateur à Mayotte. 12201 -
Metropole :
A propos de la poste, celle de Mayotte fonctionnerait elle différemment de celle de métropole? |
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