|
Cinq pays ont été désignés pour
siéger au Bureau du l’Union Africaine (UA), lors du 12ème Sommet
ordinaire de l’Union qui s’est ouvert lundi dans la capitale
éthiopienne. La présidence à été confiée à la Libye (en la
personne de Mouammar Kadhafi). Il sera épaulé par quatre
vice-présidents : le Lesotho, le Gabon, la Sierra Leone, et la
Tanzanie.
Le budget
Le Conseil exécutif de l’Union
Africaine a approuvé le budget 2009 de l’Union, qui s’élève à
164,2 millions de dollars, enregistrant une hausse de 17,3 % par
rapport au budget de l’année précédente, a appris APA mardi à
Addis-Abeba de sources officielles.
Selon les documents relatifs à ce
budget dont APA a pu obtenir copie, le Parlement panafricain, un
organe de la Commission de l’Union, sera doté de 13,4 millions en
2009, dont 9,5 millions pour son budget de fonctionnement et 3,9
millions pour ses programmes.
La Commission Africaine pour les droits
de l’homme et des peuples aura 3,6 millions, alors que le Cour
Africaine pour les droits de l’homme et des peuples bénéficiera
de 7,6 millions.
"Le budget 2009 a été préparé
sur la base des quatre piliers de l’Union Africaine et en
conformité avec les décisions du Conseil exécutif consistant à
fusionner le budget ordinaire et les fonds alloués aux programmes".
Les autres questions abordées
Les ministres des Affaires étrangères
de l’Union africaine (UA), ont demandé au président de la
Commission de l’UA de convoquer de ‘’toute urgence’’ une
réunion entre l’UA et l’Union Européenne (UE), pour discuter de
la question du recours abusif au principe de la juridiction
universelle par les juges de certains pays non africains à
l’encontre de dirigeants africains.
« Le caractère politique et le
recours abusif au principe de la juridiction universelle par les
juges de certains pays non africains à l’encontre de dirigeants
africains est une violation flagrante de la souveraineté et de
l’intégrité territoriale des ces Etats », fait remarquer un
projet de résolution du Conseil exécutif de l’UA.
Ils ont également demandé au
président de la Commission de veiller à ce que les mandats d’arrêts
lancés contre certains dirigeants africains soient retirés et ne
soient pas exécutés dans l’un quelconque des pays du continent.
Le Conseil exécutif de l’UA invite
également tous les Etats membres, en particulier ceux de l’UE,
d’imposer un moratoire à l’exécution de ces mandats d’arrêt,
jusqu’à ce que tous les moyens juridiques et politiques aient été
examinés à fond entre l’UA, l’UE et les Nations Unies.
L’UA invite les pays membres à intensifier
leur coopération économique
L’objectif visé est d’accélérer
la mise en place des programmes d’intégration économique en
renforçant le marché financier africain par des mécanismes de
régulation.
Les pays devant abriter les
institutions financières africaines, notamment la Banque centrale,
le Fonds monétaire et la banque d’investissement, crées par
l’article 19 de l’Acte constitutif, sont invités à accélérer
et à faciliter les procédures d’établissement.
Un large débat sur la crise financière
Les travaux seront ponctués par une
série d’interventions axées sur le thème, présentées par le
président de la Banque africaine de développement (BAD), Dr Donald
Kaberuka, M. Aboulie Janneh, sous Secrétaire général des Nations
Unies et secrétaire exécutif de la Commission économique des
Nations Unies pour l’Afrique (CEA), le président de la Banque
mondiale ou son représentant et le Directeur général du Fonds
monétaire international ou son représentant.
Le ministre britannique des Affaires
étrangères et du Commonwealth, Lord Mallock, va également faire un
exposé au cours de cette session qui sera sanctionnée par
l’adoption d’une Déclaration sur la Crise financière.
La désignation des membres du Conseil
consultatif de l’Union africaine sur la corruption et l’examen du
rapport de la Commission chargée de la révision du Protocole
relatif au Parlement panafricain, sont aussi discutés par le 12ème
Sommet ordinaire de l’UA.
L’UA appelle le G8 à réformer le système
financier international
Les Chefs d’Etat africains pressent
les huit pays les plus puissants de la planète, réunis dans le G8,
à réformer « avec responsabilité » le système financier
international dans la perspective d’intégrer l’Union africaine
et le Groupe des 20 économies émergentes de la planète (G20).
L’UA serait représentée au G20 par
le président en exercice de l’organisation en l’occurrence, le
colonel Mouammar Khadafi, élu lundi par ses pairs à l’ouverture
du sommet et par le président de la Commission, M. Jean Ping.
En outre, l’UA appuie l’initiative
du G20 consistant à constituer des groupes de travail sur des sujets
de négociation pour la réforme du système financier international.
L’organisation panafricaine requiert
par ailleurs son implication dans tout le processus de réforme,
étape après étape, ainsi que dans sa mise en œuvre.
Le programme sur les conflits frontaliers snobé
par plusieurs membres de l’UA
Seuls dix pays sur les cinquante trois
que compte l’Union africaine ont donné une suite favorable à la
proposition de création d’un programme sur les conflits
frontaliers en Afrique, qui vise à résoudre les différends entre
des pays de l’Union.
"Depuis que les pays africains ont
accédé à l’indépendance, les frontières issues de la
colonisation, dans un contexte de rivalités entre pays européens,
ont été à l’origine de plusieurs conflits", a déclaré le
Conseil dans un document officiel.
Selon ce document, seuls l’Algérie,
le Burkina Faso, le Cameroun, le Mali, l’Ile Maurice, le
Mozambique, la Namibie, le Niger, le Soudan et la Tunisie ont à ce
jour donné une réponse au programme.
Le huis clos du Sommet achoppe sur la
transformation de la Commission de l’UA
Le 12ème sommet de l’Union africaine (UA) achoppe sur un point
de discussion capital centré sur la transformation de la Commission
de l’Union africaine en une Autorité de l’Union.
Mardi, certains ministres des Affaires étrangères, membres du
Conseil exécutif, seraient revenus sur la décision prise la veille
d’instaurer une Autorité de l’UA en lieu et place de la
Commission avec des prérogatives renforcées et mieux élaborées.
Ces décisions avaient été annoncées lundi par le président en
exercice sortant de l’UA, en l’occurrence le Tanzanien Jikaya
Kikweté, qui se plaisait à souligner dans son point de presse qu’un
large consensus avait été obtenu autour de cette question qui a
longtemps alimenté les débats au sein des différentes instances
panafricaines.
Le thème du sommet portant sur le « développement des
infrastructures en Afrique » est, contre tout attente, quelque peu
relégué au second plan, des délégations prenant part au sommet
ayant décidé d’approfondir le réflexion pour « mieux cerner les
attributs de l’Autorité de l’Union », selon le mot d’un
délégué qui a assisté à une partie du débat en cours.
Des Etats-Unis d’Afrique, un concept cher au nouveau président
Mouammar Kadhafi, au Gouvernement de l’Union, les diverses étapes
de ce projet politique d’envergure, ponctuées de renvois et de
reports, reflètent l’âpreté des discussions et la frilosité
devant le nécessaire abandon de souveraineté, préalable à toute
tentative d’intégration.
L’Autorité de l’Union, telle qu’esquissée hier par le
président Kikwete, semblait écarter les portefeuilles sensibles
pour ne cibler que ceux à fort coefficient transversal, notamment
l’Environnement ou l’Ecologie, la Santé, la Libre circulation
des biens et des personnes, l’Education ou la Recherche.
Suspension de séance
Les chefs d’Etat africains participant au sommet ont suspendu
mardi soir leur séance pour se retrouver seuls entre eux, à la
demande de l’Afrique du Sud et d’autres pays d’Afrique
australe.
Cette suspension a été soutenue par d’autres pays appartenant
à la même aire géographique, dans l’optique d’arrondir les
angles à la suite de notables divergences apparues sur la
transformation de la Commission de l’UA en Autorité de l’Union.
La mutation institutionnelle de l’organe d’exécution, qui
semblait emporter lundi l’adhésion de toutes les délégations,
est désormais battue en brèche du fait des objections
sud-africaines relatives aux prérogatives dont devrait se prévaloir
la Commission, une fois transformée en Autorité de l’Union.
«A cette allure nous sommes partis pour une veillée toute la
nuit durant puisque d’autres interruptions ne sont pas à exclure
», soupire un délégué rencontré dans les alentours du huis clos
des chefs d’Etat qui se prolonge indéfiniment.
Avec APA/Xinhua
(Source : Malango Actualité) |