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La lettre de Malango N°23
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La lettre de Malango N° 23
Vendredi 28 Mars 2008
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ANJOUAN |
Défense - Conflits |
Anjouan quasiment sous contrôle de la coalition
Mercredi 26 Mars 2008 |
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Les troupes de la coalition AND/UA contrôlaient une grande partie de l'île d'Anjouan mercredi soir, selon des sources officielles et plusieurs témoins contactés sur place. Si l'on ne comptait que de très rares poches de résistance, Mohamed Bacar était toujours introuvable. Preuve du retour progressif à la normale à Anjouan et de la fin prochaine de la première étape –celle du débarquement- des opérations militaires, une partie du gouvernement de l'Union des Comores s'est rendue sur place mercredi dans l'après-midi. Parmi les membres du gouvernement se trouvaient Ikililou Dhoinine, vice-président nommé le matin même administrateur provisoire de l'île (lire par ailleurs). Les responsables politiques ont été précédés de quelques heures par le chef d'état-major de l'Armée nationale de développement (AND), le colonel Salimou, arrivé sur l'île dans la matinée, ainsi que par les journalistes des médias comoriens, héliportés de Mohéli vers Anjouan en fin de matinée. Mercredi soir, l’île n’était "pas encore totalement sous contrôle", au deuxième jour du débarquement, a déclaré à l'AFP le ministre comorien de la Défense, Mohamed Bacar Dossar. "Notre stratégie maintenant, c'est de sécuriser toute l'île parce qu'Anjouan n'est pas encore totalement sous contrôle, notamment au sud, dans les régions de Sima, Moya et Pomoni où nous n'avons personne", a-t-il déclaré, avant d’ajouter : "Nous avons fait venir des renforts tanzaniens de Mohéli qui doivent se déployer dans cette région", alors qu'un contingent "soudanais est déployé dans la région de Domoni (est)". Mercredi après-midi, notre envoyé spécial affirmait que les échanges de coups de feu qui avaient marqués le début de la matinée, ne se faisaient plus entendre. Alors qu'à l'aube, la zone de Mirontsy, banlieue de Mutsamudu et point stratégique où se trouvent les cuves de la société des Hydrocarbures, et celle de Barakani, village du colonel Bacar, étaient le théâtre d'affrontements entre les derniers résistants des Forces de la gendarmerie anjouanaise et les troupes de la coalition, dans l'après-midi, on n'entendait plus aucun tir depuis la capitale, Mutsamudu. Après une première journée marquée par les succès de la coalition AND/UA, mardi, les échanges de coups de feu avaient repris dans la nuit de mardi à mercredi. Le bilan des affrontements était mercredi inconnu. L'AFP faisait état de onze blessés mercredi midi. Cinq civils, blessés par balles et par des éclats d'obus, ont été soignés mardi, et trois mercredi, au centre hospitalier régional d'Anjouan, situé à Hombo, dans la banlieue de Mutsamudu. Dans l'après-midi, la rumeur courait selon laquelle le président déchu, Mohamed Bacar, aurait été capturé par les forces de la coalition. A tord. Si selon un membre de la présidence joint à 16 h 30, "nous l'avons localisé, nous savons où il est", et si sa résidence privée dans le village de Barakani était désertée et saccagée, selon un journaliste de l'AFP, à 18 heures, il n'avait toujours pas été arrêté. Selon notre envoyé spécial, "les soldats ratissent l'ensemble de l'île pour le trouver" ; il pourrait se cacher dans la région de Moya, à l’ouest. Ses principaux collaborateurs, parmi lesquels les ministres Mohamed Abdou Madi et Djanfari Salim, étaient eux aussi toujours en fuite mercredi soir. Il était impossible de savoir s'ils se trouvaient encore à Anjouan, où s'ils ont fui avant l'offensive de l'AND aidée des troupes mandatées par l'Union africaine. D'autres personnalités fortes du régime Bacar ont par contre été arrêtées, comme Makany (leader du Parti populaire anjouanais, qui réclame l'indépendance), Ba Goulam (leader du mouvement séparatiste en 1997) et Caambi El-Yachourtui, ancien vice-président de l'Union des Comores (2002-2006) qui avait rallié Bacar après les élections truquées de 2007. VM
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MADAGASCAR |
Mouvements sociaux, Syndicalisme |
"Pourquoi la France protège un criminel?"
Jeudi 27 Mars 2008 |
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Le bilan officiel des émeutes de jeudi 27 mars à Mayotte –liées à la présence de Bacar à Mayotte (lire par ailleurs)- faisait état à 19h30 de 18 blessés enregistrés au Centre hospitalier de Mamoudzou, dont 15 étaient rentrés chez eux, deux étaient en observation, et un, "dans un état grave" selon le préfet, se trouvait en réanimation. Aucun mort n'est à déplorer selon la préfecture.
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Aux abords de l'aéroport de Dzaoudzi en Petite Terre, les forces de l'ordre empêchent les manifestants d'approcher. (Photo ©Kashkazi) |
Au plus fort de la mobilisation jeudi en fin de matinée, plus de 1.000 personnes manifestaient à Mamoudzou, et près de 200 en Petite Terre. Certains ont exprimé leur déception quant à l'attitude de la France en saccageant des véhicules et des vitrines de commerce, et en violentant des personnes. La tension est retombée après que les forces de l'ordre aient repris le contrôle à l'aide de grenades lacrymogènes, en début d'après-midi, mais les échauffourées se sont poursuivies jusqu'en début de soirée à Kaweni, banlieue de Mamoudzou où se trouve une très forte communauté anjouanaise. Si la Petite Terre a été relativement épargnée par les violences, les incidents les plus graves se sont déroulés en Grande Terre. Pour éviter une trop forte affluence en Petite Terre, la préfecture a en effet décidé de suspendre les rotations de la barge, qui relie la Grande à la Petite Terre, en début de matinée –le trafic n'a repris qu'à 18 heures. Après s'être rendus à la préfecture, où les attendaient quelques policiers, les protestataires sont repartis peu après 7 heures pour "chercher d'autres manifestants". Vers 8 heures, ils étaient plusieurs centaines d'hommes et de femmes rassemblés devant le rond-point de la barge, le centre névralgique de la ville. Face à l'impossibilité de se rendre à l'aéroport, un petit nombre d'entre eux a commencé à jeter des poubelles sur les axes de circulation, à caillasser et brûler les véhicules garés près du rond-point et à prendre à partie les passants. Des témoins parlent de "passages à tabac" du côté de Kaweni. Une femme qui transportait ses deux enfants en voiture s'est faite défoncer la voiture et les vitres et a pu s'en sortir in extremis. De nombreuses personnes se sont réfugiées dans les commissariats, magasins et postes de gendarmerie. Les magasins des environs ont alors fermé, tandis que les administrations ne recevaient plus le public. Les élèves de Mamoudzou ont eux été priés de rester dans leur établissement jusqu'à ce que le calme revienne. Le préfet affirme en outre avoir enregistré des tentatives de racket et de prises d'otage. "Certains manifestants ont essayé de prendre des mzungus [métropolitains, ndlr] en otage pour les échanger contre Bacar, mais ils ont vite été relâchés", confirme un témoin. VM
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MADAGASCAR |
Mouvements sociaux, Syndicalisme |
Violences à Mayotte contre l'accueil de Bacar par la France
Jeudi 27 Mars 2008 |
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"Si la France joue à la crapule, nous aussi on va devenir violents ! Notre objectif, c'est que Mohamed Bacar soit expulsé vers la Grande Comore et soit jugé." Ainsi protestaient les Anjouanais qui ont exprimé leur colère, tôt ce matin (jeudi 27 mars) à Mamoudzou, après avoir appris que le colonel délogé du pouvoir et activement recherché par les forces comoriennes et de l'Union africaine, s'était réfugié à Mayotte. La nouvelle a commencé à circuler hier tard dans la soirée, avant de se répandre ce matin à l'aube : l'ancien président d'Anjouan, accompagné d'une dizaine de ses proches et de quelques hommes armés, a été accueilli hier par son frère dans sa maison de Mzouazia, au sud de l'île. Le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo, qui vient d'arriver à La Réunion, a affirmé ce matin que la France "étudiait sa demande d'asile politique". "Nous comprenons la déception et la colère des Comoriens, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que Bacar et ses collaborateurs reviennent et soient jugés aux Comores", a ajouté le ministre. Le ministre comorien de la Défense a de son côté indiqué qu'il "ferait tout" pour que l'ex-président renversé d'Anjouan soit jugé aux Comores, appelant la France à donner suite à la demande de Moroni pour son retour, bien que les deux pays n'aient pas conclu d'accord d'extradition, souligne l'AFP. Cela n'a cependant pas suffi à calmer la colère qui s'est emparée de la communauté anjouanaise de Mayotte, une colère d'autant plus exacerbée que Mohamed Bacar est en cours de transfert vers Mayotte. Arrivé en vedette vers 7h30 en provenance de Mzouazia, le colonel déchu attend dans un hangar de l'aéroport de Dzaoudzi, l'arrivée du Transall qui doit le conduire à la Réunion. Une centaine de manifestants arrivés entre 7h30 et 8 heures, qui étaient jusqu'en fin de matinée postés à l'entrée de l'aéroport, ont été repoussés à coups de bombes lacrymogènes. L'aéroport est à présent bouclé, et placé sous haute surveillance, notamment maritime. A Mamoudzou, la situation est actuellement beaucoup plus tendue. Dès 7 heures, un petit groupe de manifestants s'est rendu devant la préfecture, avant de repartir pour "rameuter d'autres personnes". Des habitants de villages de brousse venus travailler dans la capitale indiquent avoir vu des Anjouanais vivant à la campagne marcher vers Mamoudzou pour rejoindre les protestataires. Les choses ont cependant commencé à dégénérer lorsque les vacations de la barge ont été interrompues pour empêcher les manifestants de rejoindre l'aéroport, et que des bombes lacrymogènes ont été lancées contre eux, selon un témoin. Parmi la grosse centaine de personnes regroupées au niveau du rond-point de la barge, dix à vingt individus –des hommes âgés de 20 à 30 ans- ont commencé à barrer la route à l'aide de poubelles et de pneus. Un homme –un métropolitain- qui tentait de passer en scooter a été agressé, son deux-roues renversé, brisé à coups de pierres et incendié. D'autres véhicules ont été cassés ou brûlés, tandis que la manifestation prenait un tour "anti-blancs". Dans leur colère contre la France, les jeunes casseurs s'en sont pris particulièrement aux métropolitains, à qui la traversée de la Place Mariage et du rond-point de la barge a fini par être interdite. Très mobiles, ils ont provoqué un vent de panique sur le centre-ville, dont la plupart des boutiques avaient redescendu leur rideau vers 9h30. La Caisse de sécurité sociale, où travaille le frère de Mohamed Bacar qui a accueilli l'ex homme fort d'Anjouan, fermait également ses portes vers 10 heures. De nombreux "métropolitains" s'étaient réfugiés dans les bars et bureaux des places Mariage et Marché. Deux personnes auraient pour l'instant été admises à l'hôpital de Mamoudzou suite à des blessures. Kaweni aussi a été prise d'assaut par des manifestants qui ont brûlé des véhicules et lancé des pierres sur des boutiques. Positionnées sur quelques ronds-points, les forces de l'ordre n'ont pour l'instant pas neutralisé les individus violents, qui ne cessent de se déplacer et de se fondre dans la foule des manifestants plus calmes ou des badauds. A noter également que plusieurs centaines de personnes ont manifesté ce matin devant l'ambassade de France à Moroni pour protester contre l'accueil accordé à l'ancien président auto-proclamé, accusé d'être responsable de nombreuses exactions, privations de libertés et détournements sur son île.
VM |
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MADAGASCAR |
Mouvements sociaux, Syndicalisme |
Vives protestations à Mayotte contre la présence de Mohamed Bacar : la tension monte
Jeudi 27 Mars 2008 |
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A Mayotte, où le président auto-proclamé déchu d'Anjouan Mohamed Bacar, s'est réfugié, la tension monte entre les manifestants anjouanais et les forces de l'ordre.
Depuis
ce jeudi matin, la colère des anjouanais de Mayotte monte contre la
présence de Mohamed Bacar à Mayotte et l'éventuel asile qui lui serait
accordé par les autorités françaises alors que des mandats d'arrêts
internationaux ont été émis par le gouvernement légal de l'Union des
Comores. En Petite Terre, autour de
l'aéroport de Dzaoudzi, une centaine de manifestants sont toujours
contenus par les forces de l'ordre qui encerclent l'aéroport. En
Grande-Terre, autour de l'embarcadère de la barge qui relie les deux
îles, la colère monte et des échaufourées ont lieu entre manifestants
et forces de l'ordre. Des motos ont été brûlées et un véhicule de
police caillassé. Les métropolitains
présents dans le secteur sont pris à partie par les anjouanais en
colère qui font tout naturellement l'amalgame entre les décisions de
l'Etat français et la communauté blanche de Mayotte. La
préfecture a interrompu le service de la barge afin d'éviter que les
manifestants de Mamoudzou viennent grossir les rangs des protestataires
à Pamandzi. On parle d'une
évacuation du président déchu vers la Réunion à bord d'un Transal qui
serait attendu à Mayotte dans les prochaines heures. Ces
manifestations ont lieu alors que Mayotte s'apprête à accueillir demain
vendredi le nouveau secrétaire d'état à l'outremer, Yves Jégo qui va se
trouver confronté à un problème de poids pour son baptême ultramarin. A
Moroni, une manifestation à l'Ambassade de France a dégénérée Le drapeau français a été brûlé et la police a dû faire usage de bombes lacrymogènes. La
colère monte également dans les trois autres îles de l'archipel. Une
manifestation est annoncée à Mutsamudu, la capitale d'Anjouan récemment
libérée, pour cet après-midi.
E.T.
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ANJOUAN |
Défense - Conflits |
Mohamed Bacar a fui à Mayotte et demandé l'asile à la France
Jeudi 27 Mars 2008 |
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L'ex-président renversé de l'île comorienne d'Anjouan, Mohamed Bacar, traqué depuis deux jours aux Comores, a fui mercredi dans l'île française de Mayotte où il a demandé le droit d'asile, selon une source proche du dossier et une source officielle à Mayotte. "Le colonel Mohamed Bacar est arrivé à 15h00 locales (12h00 GMT) à
Mayotte mercredi à bord d'un bateau rapide. Il était accompagné d'une
dizaine de personnes, dont certaines armées", a indiqué cette source
sous couvert d'anonymat. Il est arrivé dans le sud de l'île et la communauté anjouanaise a immédiatement réagit en manifestant sa colère devant la présence du président auto-proclamé sur le sol français. Selon nos RFO, Mohamed Bacar a passé la nuit chez son frère,
installé de longue date sur l'île française. Un escadron de CRS encercle la maison, et des barrages ont été dressés sur la route pour empêcher des
manifestants anjouanais hostiles à Mohamed Bacar d'affluer. "M. Bacar est actuellement en zone de
rétention ainsi que les personnes qui l'accompagnaient. Ils ont tous
fait une demande d'asile politique en France suite aux évènements
intervenus à Anjouan", a précisé cette source. Une source
officielle française interrogée par l'AFP par téléphone à Mayotte a
confirmé mercredi soir sous couvert d'anonymat que "M. Bacar est arrivé
à Mayotte et a fait une demande d'asile". A Moroni, le ministre de la Défense, Mohamed Dossar, joint dans la
soirée par RFI, reconnaît qu'il a été informé par la France et attend
maintenant une note écrite. Plus tôt, M. Dossar avait émis des craintes quant à la possibilité que M. Bacar se soit enfui d'Anjouan vers Mayotte. Selon Mohamed Dossar, les Comores ont émis il y a une semaine des
mandats d'arrêt internationaux contre l'ex-homme fort d'Anjouan et
certains de ses proches. Le ministre dit espérer que la France en
tiendra compte. "Il
y a une semaine, des mandats d'arrêts internationaux ont été lancés
contre lui et ses principaux collaborateurs pour rébellion et
tortures", avait-il déclaré à l'AFP. "Nous en avons informé la
France au cas où ils tenteraient de se réfugier à Mayotte, mais nous
n'avons reçu aucune garantie", avait-il notamment précisé. L'ex-homme
fort d'Anjouan était activement recherché depuis le début mardi à
l'aube de l'opération "Démocratie aux Comores" lancée par l'armée
comorienne et les troupes mandatées par l'Union africaine (UA) pour
renverser les autorités jugées illégales d'Anjouan. La France a soutenu l'opération en transportant des troupes africaines jusqu'aux Comores. Le
gouvernement et l'UA reprochent à M. Bacar d'avoir maintenu
l'organisation du scrutin alors que l'Union en avait demandé le report
après des affrontements en mai 2007 entre l'armée comorienne et des
gendarmes fidèles à M. Bacar. Depuis, celui-ci a refusé d'organiser un
nouveau scrutin. "Nous avons une centaine de nos
gendarmes qui sont déployés à Anjouan pour rechercher les partisans de
Bacar et les arrêter ainsi que ses proches collaborateurs", avait-il
dit, ajoutant: "Nous avons l'intention de réintégrer dans l'armée et
dans la force de sécurité intérieure d'Anjouan, les éléments de la
Force de gendarmerie anjouanaise (FGA), ceux qui sont récupérables". "La
FGA était (...) une armée privée équipée d'armes de guerre, et vous ne
pouvez pas avoir deux armées dans un même pays", avait-il conclu. Jeudi matin, Mohamed Bacar se trouve à l'aéroport de Pamandzi dans l'attente d'une évacuation vers l'ile de la Réunion. Une centaine de manifestants de l'importante communauté anjouanaise vivant à Mayotte sont massés devant l'aéroport afin de protester contre "cette nouvelle ingérance de la France dans les affaires intérieures des Comores". Les forces de l'ordre les contiennent afin d'éviter "tout débordement". Avec AFP et RFI
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ANJOUAN |
Défense - Conflits |
Les Comores ont réclamé Bacar, en vain
Jeudi 27 Mars 2008 |
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Les Comores ont demandé jeudi aux autorités françaises de leur remettre Mohamed Bacar, ancien homme fort de l'île d'Anjouan qui s'est réfugié sur le territoire français de Mayotte après le renversement de son régime séparatiste et doit être transféré à La Réunion.
"Nous avons notifié à la France que nous voulions que le colonel Mohamed Bacar et tous les rebelles en fuite soient extradés aux Comores", a dit le ministre comorien des Affaires étrangères, Houmadi Abdallah, à la presse. "Nous avons rappelé aux autorités françaises que les mandats d'arrêt international à leur encontre sont toujours en vigueur", a-t-il ajouté. "La justice comorienne a lancé un mandat d'arrêt international il y a longtemps. On va voir si les autorités françaises vont le respecter", a-t-il déclaré. La fuite de M. Bacar vers l'île voisine de Mayotte a suscité des manifestations de colère aux Comores, avec pour principale cible la France, accusée de protéger l'ex-homme fort d'Anjouan. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté jeudi en fin d'après-midi à Anjouan pour appuyer la demande d'extradition. Des manifestants ont déployé une banderolle contre l'ambassadeur de France aux Comores, taxé d'"émissaire de la Françafrique". Des manifestations similaires ont eu lieu à Moroni jeudi dans la matinée près de l'ambassade de France. Elles ont été dispersées au gaz lacrymogène par les forces de l'ordre. Plusieurs groupes de jeunes tentaient toujours à la mi-journée de se rendre à nouveau vers l'ambassade et étaient régulièrement dispersés par les forces de l'ordre. "France, livrez Mohamed Bacar", pouvait-on lire sur une des affichettes brandies par les manifestants. Des manifestations d'Anjouanais s'étaient en outre multipliées jeudi à Mayotte contre la présence de M. Bacar (lire par ailleurs). (avec AFP et Reuter) |
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MADAGASCAR |
Défense - Conflits |
Mohamed Bacar a quitté Mayotte
Jeudi 27 Mars 2008 |
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Un avion militaire français transportant le président déchu d'Anjouan, le colonel Mohamed Bacar, a décollé jeudi soir de l'île de Mayotte pour celle de la Réunion, où il devrait être remis à la justice.
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Sur le tarmac de l'aéroport de Dzoudzi, le Transall qui emmènera l'ex-président Bacar vers la Réunion (photo Kashkazi). |
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L'ex-président d'Anjouan, le colonel Mohamed Bacar, sera "remis" à la justice "dès son arrivée sur le territoire de la Réunion", notamment pour "détention d'armes", a déclaré jeudi à Saint-Denis-de-la-Réunion le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer, Yves Jégo. "Le colonel Mohamed Bacar sera remis entre les mains de la justice dès son arrivée sur le territoire de la Réunion", a indiqué à l'AFP M. Jégo. Une information judiciaire sera ouverte et un juge d'instruction désigné, a-t-il ajouté. L'ex-homme fort d'Anjouan devrait notamment être poursuivi "pour non-respect de la législation française, dont l'entrée clandestine à Mayotte, la détention d'armes", a expliqué M. Jégo, pour qui "il appartiendra à la justice de décider de son sort". Le secrétaire d'Etat à l'Outremer doit se rendre à Mayotte ces 28 et 29 mars.
(avec AFP) |
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Mohamed Bacar a décollé de Mayotte hier vers 19 heures en compagnie de ses 22 compagnons de fuite, en direction de la Réunion, à bord d'un Transall de l'armée française. Il sera "remis à la justice" dès son arrivée dans l'île de la Réunion, notamment pour "détention d'armes", avait affirmé à Saint-Denis-de-la-Réunion le secrétaire d'Etat français à l'Outre-mer Yves Jégo, quelques heures plus tôt (lire ci-contre). Ce départ marque la fin d'un passage éclair de 24 heures des 23 fuyards anjouanais à Mayotte, mais peut-être pas celle des manifestations de colère (lire par ailleurs). La fuite de Mohamed Bacar débute mercredi 26 mars, en fin de matinée. Assiégé dans sa résidence de Barakani par les forces de la coalition AND/UA, le président déchu s'enfuit avec 22 de ses hommes, parmi lesquels sont frère Abdou et de nombreux militaires. Le groupe rejoint le village d'Ajao, situé sur la côte nord-est de l'île, où il prend une vedette dont on ne connaît pour l'heure l'origine. Vers 18 heures, l'embarcation accoste sur la plage de Mzouazia, village du sud de Mayotte où vit le frère de Mohamed Bacar, Daniel Bacar. Ce dernier héberge le groupe mais l'information est éventée. Rapidement, des Anjouanais assiègent la maison. Vers 21 heures, le directeur de cabinet de la préfecture, M. Faure, et le lieutenant-colonel de gendarmerie, M. Martinez, se rendent sur place, où se trouvent deux pelotons de gendarmerie. "Les hommes de Bacar ont rendu leurs armes sans résistance et M. Bacar a demandé l'asile", rapporte le préfet de Mayotte. En début de matinée jeudi 27 mars, c'est par la mer, à bord d'une vedette de la gendarmerie, que les fuyards sont acheminés jusqu'à l'aéroport de Pamandzi, en Petite Terre, où ils arrivent vers 7 h 30. L'aéroport, un temps assiégé par quelques 150 manifestants, est alors totalement bouclé. Les vols commerciaux d'Air Austral et Comores Aviation sont annulés. Pendant plus de douze heures, les 23 demandeurs d'asile patientent dans un hangar de l'armée, situé dans l'enceinte de l'aéroport. A 15 heures, la préfecture rend publique la décision de Paris concernant la demande d'asile de M. Bacar et ses proches : "Elle sera étudiée, mais pour des raisons de sécurité, et pour M. Bacar, et pour les Mahorais, ils sont envoyés à la Réunion", indique le préfet M. Bouvier. "Il a demandé l'asile politique. Le droit d'asile est un droit constitutionnel. Or nous sommes dans un Etat de droit. Nous devons étudier sa demande comme nous l'ordonne la Constitution", dit M. Bouvier. Qui ajoute : 'Le gouvernement souhaite étudier sa demande le plus rapidement possible. Nous ne pouvions pas nous dispenser de cet examen. Pour cela, il fallait le faire dans des conditions sereines", donc loin de Mayotte, selon M. Bouvier. Réclamé par les autorités comoriennes, qui ont demandé jeudi aux autorités françaises de leur remettre le dictateur déchu (lire par ailleurs), M. Bacar est parti à 19 heures vers la Réunion à bord d'un des deux Transall de l'armée arrivés à 17 h 30, en compagnie de ses proches. VM
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ANJOUAN |
Justice |
Bacar en comparution immédiate
Vendredi 28 Mars 2008 |
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Après son escale mouvementée à Mayotte hier jeudi, l'ancien dictateur Mohammed Bacar est arrivé à la Réunion où il sera jugé samedi en comparution immédiate. Le gouvernement de l'Union des Comores continue à exiger que la France extrade le colonel Bacar vers son pays d'origine où il devrait répondre de plusieurs chefs d'inculpation, notamment pour "rébellion et tortures". Un mandat d'arrêt international a d'ailleurs été lancé par le gouvernement comorien.
La demande d’asile du colonel Bacar sera examinée, "de manière tout à fait réglementaire", a expliqué le député socialiste français Daniel Goldberg, président du groupe d’amitiés France-Comores. Selon M. Goldberg, il n’existe pas d’accord d’extradition entre la France et les Comores. Toutefois, le président du groupe d’amitiés France-Comores soutient que la priorité, pour les Comoriens, c’est le retour d’une stabilité qui permettra le développement économique de l’archipel.
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ANJOUAN |
Défense - Conflits |
La Libye et la France se réjouissent de la réussite du débarquement
Jeudi 27 Mars 2008 |
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La Libye s'est félicitée de l'intervention des forces armées comoriennes appuyée par un contingent de l'Union africaine (UA) sur l'île d'Anjouan et de leur victoire sur les militaires sécessionnistes, ramenant ainsi l'île sous l'autorité légale de l'Etat des Comores.
Dans un communiqué publié mardi 25 mars à Tripoli, le comité populaire général libyen des Relations extérieures et de la Coopération internationale a souligné que cette action prouve de nouveau la capacité de l'UA à prendre des dispositions pour mettre fin à toute tentative visant à sortir un pays de la légalité et à restaurer la sécurité et la stabilité sans l'intervention d'une puissance du dehors du continent. Le communiqué souligne que le comité libyen des Relations extérieures, tout en saluant cette action courageuse africaine, est totalement confiant qu'elle ouvrira une nouvelle page dans la marche du peuple comorien, consolidera son unité et le mettra sur la voie de la stabilité, du progrès et de la prospérité. De son côté, la France "se réjouit du succès de l’opération militaire africaine qui a permis de rétablir, sans pertes humaines, l’intégrité territoriale de l’Union des Comores." Selon le ministère des Affaires étrangères, "le président de la République [française, ndlr] a reçu avant-hier un message très chaleureux du Président Sambi le remerciant pour l’action de la France." VM (avec Panapress) |
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Chaque mois, les analyses et commentaires sur l'actualité régionale.
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