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La lettre de Malango N°26
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La lettre de Malango
N°
26
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Mercredi 2 Avril 2008
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Les événements d'Anjouan sont couverts par l'équipe de
Chaque mois, les analyses et commentaires sur l'actualité régionale.
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MADAGASCAR |
Immigration clandestine |
Les Comores n'acceptent plus les expulsés de Mayotte
Mercredi 2 Avril 2008 |
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Cela faisait plusieurs jours que les rumeurs l'évoquaient. La nouvelle est tombée mercredi 2 avril dans l'après-midi : les Comores ont interdit tout rapatriement de leurs ressortissants entrés clandestinement sur l'île de Mayotte.
Désormais, l'Union des Comores n'acceptera plus sur son territoire les Comoriens en situation irrégulière à Mayotte expulsés par les autorités françaises dans le cadre de la lutte contre l'immigration clandestine. "Il est strictement interdit jusqu'à nouvel ordre à toute agence de voyage, aérienne ou maritime, nationale ou étrangère, de transporter des immigrés clandestins comoriens au départ de Mayotte", précise une directive publiée mercredi par les autorités comoriennes en direction des compagnies aériennes et maritimes de l'archipel. Alors que les expulsions depuis Mayotte ont été stoppées depuis l'offensive de la coalition AND/UA sur Anjouan, le 25 mars, cette mesure entérine une situation jusqu'alors provisoire. "C'est pour des raisons de sécurité que nous avons pris cette mesure", a expliqué le secrétaire général au département des Transports à la vice-présidence, M. Abdillah Mouigni. Des sources proches des compagnies maritimes susceptibles de transporter des sans-papiers français de Mayotte vers Anjouan font état de fortes pressions de la part de la communauté anjouanaise à Mayotte et Anjouan pour que leurs bateaux –le Maria Galanta et le Tratringa- ne répondent pas à la demande (très forte) des autorités françaises. Certaines personnes auraient menacé de brûler les navires en cas de collaboration avec la France. M. Mouigni a prévenu que les contrevenants s'exposeront à des sanctions, dont le refoulement des passagers vers le lieu de leur embarquement. Cette mesure s'apparente à une forme de représailles à l'endroit des autorités françaises, en guise de protestation contre le refus de la France de renvoyer Mohamed Bacar aux Comores, après sa fuite de l'île d'Anjouan le 26 mars (lire par ailleurs). Les Comores soupçonnent la France d'avoir aidé Mohamed Bacar à fuir l'assaut donné contre son régime par les forces comoriennes et de l'Union africaine la semaine dernière. Cette mesure devrait cependant être très mal prise par les dirigeants mahorais et les autorités françaises, pour lesquelles la lutte contre l'immigration clandestine est la priorité, et alors que la population réclame l'intensification des expulsions après les événements du 27 mars. En 2007, la préfecture de Mayotte a enregistré 14.000 arrêtés de reconduite à la frontière, et a refoulé 16.000 personnes si l'on compte les mineurs. Mohamed Bacar ne s'était jamais opposé à ces expulsions et avait toujours laissé les compagnie aériennes et maritimes les déposer sur le sol anjouanais. VM
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ANJOUAN |
Justice |
Mohamed Bacar ne sera pas renvoyé aux Comores
Mercredi 2 Avril 2008 |
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Le président déchu de l'île d'Anjouan, Mohamed Bacar, assigné à résidence à la Réunion depuis samedi 29 mars, a vu son arrêté de reconduite à la frontière transformé en arrêté de reconduite aux frontières, mardi soir. Cette modification signifie qu'il ne pourra être renvoyé aux Comores.
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Djaffar Salim arrêté à Anjouan |
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Le ministre de l'Intérieur du régime Bacar et ex-bras droit du colonel, Djaffar Salim, a été arrêté lundi 31 mars à Mutsamudu, la capitale d'Anjouan. "Avec lui et l’arrestation la veille de Réhéma Boinali, de Caabi, Mjamawé, Halidi, Sourette, le premier cercle des acolytes du Colonel rebelle se trouve désormais sous les verrous", indique la présidence de l'Union. Djaafar Salim était l'un des plus proches et anciens collaborateurs de Bacar. |
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Pris mardi 1er avril à 22 heures par le préfet de la Réunion, le nouvel arrêté concerne également les 22 hommes qui accompagnent l'ancien dictateur d'Anjouan, depuis qu'il a quitté l'île après son renversement le 25 mars. Mercredi, le tribunal saisi d'un recours contre un précédent arrêté de reconduite à la frontière, datant du 28 mars, a constaté que le préfet de la Réunion l'avait abrogé, avant de le remplacer par celui qu'il a signé mardi. Le premier arrêté prévoyait que Mohamed Bacar et ses hommes seraient renvoyés aux Comores. Le nouveau indique qu'il pourra être envoyé dans n'importe quel pays qui l'acceptera – on parle avec insistance de l'Afrique du Sud. Cela signifie qu'il ne sera très certainement pas renvoyé aux Comores, où les autorités le réclament pour pouvoir le juger pour, entre autres, des faits de torture. Les avocates de Mohamed Bacar ont annoncé leur intention de déposer jeudi 3 avril une requête contre cet arrêté devant le tribunal administratif de Saint-Denis-de-la-Réunion. Le tribunal de Saint-Denis a par contre rejeté la demande des avocates de l'ex-président anjouanais visant à ce que ce dernier obtienne une autorisation provisoire de séjour en France –ce qui lui aurait permis de se rendre sur l'ensemble du territoire national. Mohamed Bacar et ses hommes, hébergés sur la base aérienne 181 de La Réunion, ont formulé lundi une demande d'asile politique à la France et le préfet de la Réunion a demandé à l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) de l'examiner selon la procédure d'urgence. "Je fais confiance à la justice française", a déclaré à l'AFP et aux médias réunionnais Mohamed Bacar venu assister mercredi à l'audience du tribunal administratif. "La Réunion est une île démocratique, sécurisée, où personne ne pourra attenter à nos jours. C'est aussi parce que nous sommes menacés que nous demandons l'asile politique à la France", a-t-il ajouté. Si la procédure d'urgence est adoptée, l'Ofpra disposera de quinze jours pour répondre à la demande de Mohamed Bacar et de ses hommes. A sa sortie du Tribunal, l'ancien dictateur a été hué par quelques dizaines de manifestants. L'éventuelle extradition de Bacar dans un pays tiers pourrait entraîner des troubles importants dans les quatre îles de l'archipel. VM (avec AFP) |
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MADAGASCAR |
Justice |
Mayotte : trois proches de Bacar condamnés à la prison
Mercredi 2 Avril 2008 |
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Lundi soir, le Tribunal de première instance de Mamoudzou présidé par Alain Mancini a jugé en comparution immédiate trois membres du régime Bacar, dévoile dans son édition du 2 avril Flash Infos. Mohamed Soumaïla, responsable de l'aéroport de Ouani, Mohamed Mikidadi, adjoint au commandant d'un peloton de la gendarmerie, et Ridjali Abdou, directeur de cabinet de Mohamed Bacar seraient partis d'Anjouan dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 mars, rapporte le quotidien sur abonnement.
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Le préfet demande la collaboration des Mahorais |
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Si les patrouilles des forces de l'ordre se poursuivent à Mayotte, et si la situation est en apparence calme, les pressions se poursuivent dans les villages contre les sans-papiers. Mercredi 2 avril, une délégation d'habitants de M'tsapéré a été reçue par le préfet, Vincent Bouvier. Les représentants ont demandé l'intensification de la lutte contre l'immigration clandestine. Le préfet leur a affirmé que la réponse de l'Etat serait "ferme" mais qu'il se sentait "seul" dans sa démarche et qu'il avait besoin de l'aide des Mahorais. Une manifestation contre l'immigration clandestine est prévue dimanche 6 avril à Mamoudzou. |
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Ils sont entrés à Mayotte sans document valide (visa) et en possession d'armes de guerre. Le procureur de la République, Gilles Rognoni, a requis à leur encontre une peine de 6 mois de prison dont 4 fermes. Le juge Mancini a condamnés Mohamed Soumaïla et Mohamed Mikidadi à 4 mois de prison dont 2 fermes, alors que Ridjali Abdou, dont le président a estimé que la détention d'armes n'était pas avérée, a été condamné à 2 mois de prison dont un ferme. Selon Flash Infos, les trois condamnés seront mis en isolement à la maison d'arrêt de Majicavo avant d'être transférés à la Réunion. Ils ont demandé l'asile politique comme leur ancien maître, Mohamed Bacar. Outre ces trois personnes, quelques partisans ou dignitaires du régime Bacar sont arrivés clandestinement à Mayotte ces derniers jours. En début de semaine, "six personnes se sont présentées spontanément soit à la gendarmerie soit au commissariat de police afin de solliciter l’asile politique", informe la préfecture. Cependant, affirmait mardi 1er avril la préfecture, l'on ne peut parler d'une arrivée massive "de gendarmes anjouanais". La préfecture affirme avoir renforcé son dispositif de lutte contre l'immigration clandestine au large des côtes mahoraises. Un dispositif qui n'avait pas permis de repérer la vedette transportant Mohamed Bacar et ses 22 hommes de main, mais qui a permis l'interception de deux kwassa avec à leur bord respectivement 12 et 9 passagers, mardi. Ces 21 personnes ajoutées aux six autres cités plus haut "sont, soit gendarmes ou fonctionnaires d’Anjouan soit des personnalités proches de l’ancien gouvernement d’Anjouan", indique la préfecture, qui précise que "toutes ont été placées en garde à vue à fur et à mesure de leur arrivée à Mayotte". VM
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ANJOUAN |
Défense - Conflits |
Pretoria voit dans l’intervention militaire à Anjouan, une leçon aux dictateurs
Mercredi 2 Avril 2008 |
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L’Afrique du Sud a salué l’intervention militaire de l’Union Africaine (UA) pour destituer Mohamed Bacar, président autoproclamé l’Ile d’Anjouan, y voyant une leçon pour ceux qui pourraient être tentés de banaliser et contourner les voies démocratiques d’accession au pouvoir, a appris APA lundi à Dar es Salam. S’exprimant lors d’une rencontre spéciale avec des directeurs de publications, le Haut commissaire de l’Afrique du Sud en Tanzanie, Sindiso Mfenyana a salué l’intervention militaire de l’UA, la jugeant « indispensable » après l’échec des efforts pour une sortie pacifique de l’impasse. La négociation est « le moyen idéal pour éviter une effusion de sang » parmi les civils innocents de l’Ile, a admis M. Mfenyana, reconnaissant toutefois qu’au vu de la situation qui prévalait dans l’Ile comorienne, « une action militaire était devenue inévitable », pour libérer le peuple du joug d’une dictature. L’émissaire sud africain a souligné « la nécessité de plus privilégier les voies pacifiques pour la résolution de conflits à travers le continent, à l’instar du consensus trouvé dans la situation politique au Kenya suite à la médiation de l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan et du président de l’UA, Jakaya Kikwete, chef de l’Etat de Tanzanie. Répondant à la question de savoir si l’UA devrait intervenir militairement contre les régimes dictatoriaux ou les auteurs de machinations pour accéder au pouvoir en contournant les voies démocratiques, M. Mfenyana a estimé que « les moyens les plus nobles sont d’abord la négociation pacifique ». Pretoria s’était, dans un premier temps clairement démarqué du projet d’intervention militaire, le Président Thabo Mbeki insistant alors sur la nécessité de négocier pacifiquement avec Bacar.
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Santé |
Pas de papiers ? Pas de traitement !
Mercredi 2 Avril 2008 |
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Lorsqu'elle a quitté le Zimbabwe pour se rendre à Johannesbourg, Linda* savait qu'elle était malade, mais elle ignorait qu'elle était séropositive. Après avoir passé des mois à dormir dans un parc, son état de santé ne cessant de se détériorer, elle a fini par rassembler son courage et a subi un test de dépistage du VIH dans une clinique du centre-ville. «J'ai dû attendre deux semaines avant de recevoir les résultats, et je n'ai reçu aucun service de conseil », a confié Linda. « L'infirmière qui m'a annoncé les résultats m'a dit : 'Voici vos résultats, vous êtes séropositive, vous pouvez partir et mourir. Vous n'avez pas de papiers, nous ne pouvons donc pas vous aider' », a-t-elle poursuivi. Johannesbourg, la ville la plus importante et la plus riche d'Afrique du Sud, attire de nombreux individus habités par l'espoir d'une vie meilleure, depuis la découverte de l'or il y a plus d'un siècle. En effet, des immigrants de tout le continent africain, parmi lesquels de nombreux fuient les conflits et la pauvreté, continuent d'arriver en masse dans la « cité de l'or ». Cependant, leurs rêves sont souvent brisés.
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